J’aurais voulu en parler plus tôt, mais j’ai beaucoup travaillé en fin de semaine, ayant notamment passé mon samedi soir à servir des immigrants incapables de dire « bonjour », « merci », ou de dire n’importe quel mot de français même après des années ici. Avez-vous lu le dernier torchon de André Pratte? Voici quelques extraits de sa dernière merde, intitulée « La majorité a tort ».
Même si on leur posait des questions plus directes, les Québécois francophones se montreraient peut-être favorables au projet de loi de Mme Marois. Cela ne donnerait pas davantage raison à la leader péquiste. On parle ici des droits des minorités. C’est justement pour protéger les minorités de la «dictature de la majorité» qu’existent les chartes des droits.
On ne prive pas une minorité de ses droits pour satisfaire les fantasmes de militants déçus, ni même pour calmer la paranoïa de la majorité.
Ok, dans le désordre, démêlons cette désinformation.
Premièrement, M. Pratte invalide l’argument selon lequel la majorité aurait bien choisi en laissant sous-entendre que les questions du sondage, démontrant que la majorité des Québécois appuient le projet du PQ, auraient été imprécises, induisant ainsi la population en erreur. Mais c’est ce même André Pratte qui, à d’autres moments, va se servir de sondages pour faire valoir les intérêts du privé, de baisses d’impôts ou autres mesures néolibérales. Comme quoi on dit bien ce qu’on veut dire…
Ensuite, en mettant l’accent sur la « protection des minorités », c’est la démocratique que M. Pratte invalide. Une charte défendant les minorités contre des exagérations de la majorité, personne n’est contre. Mais de faire passer un test de français aux immigrants n’est pas tout à fait de la torture. Bref, sous prétexte de défendre la charte, M. Pratte démontre son peu de respect pour la démocratie qui est, qu’on le veuille ou non, une dictature de la majorité. Ce n’est peut-être pas le meilleur système, mais c’est de loin le moins pire.
Finalement, les immigrants n’ont pas à avoir le « droit » de venir ici, de parasiter notre mode de vie et de lever le nez sur nos valeurs, d’engorger nos tribubaux avec leurs demandes d’accomodements et de cracher sur notre langue. Immigrer au Québec est un privilège, et non un droit. Il n’est pas question de soulager la paranoïa de la majorité, comme l’affirme le bouffon de Gesca inc. (Power Corporation), mais bien d’inciter positivement les immigrants à s’intégrer, en leur imposant d’apprendre le français et de mieux connaître nos valeurs.
Peut-être que si André Pratte sortait de son VUS ou de sa grosse baraque pour venir faire un tour rue Décarie à Ville Saint-Laurent, il aurait une autre vision des choses. Parce que ce que moi j’y vois – et ce n’est pas le seul endroit à Montréal – est une majorité d’immigrants qui ne veulent rien savoir d’apprendre le français, et une majorité de Québécois trop lâches pour leur imposer notre langue et nos valeurs.
Le fait que Gesca et Power Corporation mobilisent ainsi tous leurs laquais pour détruire le projet du Parti Québécois ne fait que démontrer à quel point ce projet est non seulement utile, mais indispensable.
J’ai toujours été très critique du Parti Québécois, mais s’il place ce projet au coeur de son programme électoral lors des prochaines élections, il ne fait plus de doute dans mon esprit qu’il aura mon vote (en autant qu’il n’adopte pas trop de politiques néolibérales en contre-partie).
Parce que la majorité a raison de s’inquiéter pour sa langue et sa culture. Met ça dans ta pipe, André Pratte.
Je n’ai rien contre le fait d’obliger les immigrants à apprendre le français. C’est d’ailleurs ce que font environ 57% d’entre eux. Ce qui me dérange c’est qu’on veuille éventuellement les rendre inéligibles. C’est un droit civique inaliénable que le droit de vote.
Je fais partie des gens qui pensent que ce projet fait mal paraître le PQ. Je sais que vous dites qu’à Saint-Laurent, il y en a beaucoup qui ne parlent ni anglais ni français. J’aimerais bien savoir pourquoi il en est ainsi.
Vous n’aimerez pas ce que je vais dire, et je ne dis pas que ça se compare pleinement, mais ça me fait un peu penser aux lois qu’il y avait dans le Sud des États-Unis et qui obligeaient les Noirs à passer des tests d’intelligence ou des tests pour savoir s’ils savaient lire et écrire avant d’avoir le droit de vote. Évidemment, c’était un stratagème des ségrégationiste pour empêcher les Noirs de voter. Je crois que c’est ce rapprochement (plus ou moins justifié, j’en conviens) qui a fait crier ceux qui se sentent tout le temps persécutés par les «méchants séparatiss».
Sans doute que ma perception est différente de la vôtre parce que j’habite dans un comté très francophone et très péquiste où même les sikhs parlent français.
Quand les Québécois francophones sont minoritaires à vouloir quelque chose, Pratte défend le principe de majorité simple et pourfend les « idées marginales ».
Quand les Québécois francophones sont majoritaires à vouloir quelque chose, Pratte défend l’état de droit et pourfend la « tyrannie de la majorité ».
Bref, selon Pratte, les Québécois francophones ont toujours tort.
Je suis bien d’accord avec le texte sauf cette exagération : « engorger nos tribubaux avec leurs demandes d’accommodements ». Quand même…
Sinon, notre ami Guill a écrit un merveilleux texte aujourd’hui qui met en perspective le fait qu’Arnold Schwarzenegger ne pourra jamais devenir président des États-Unis parce qu’il n’est pas né aux États-Unis. Plus qu’on regarde ce qui se passe ailleurs, plus on se rend compte que la petite contrainte linguistique que voudrait imposer Pauline Marois aux immigrants est de la petite bière, mis à part le fait que le français reste une langue difficile : la plus difficile de l’occident, paraitrait-il… Mais le fait qu’il fait bon vivre ici devrait bien un peu compenser! Bon, j’avoue qu’il fera mieux vivre ici après qu’on ait tué nos bébites et réglé les problèmes de communication.
Sauf que je viens de voir au Téléjournal qu’il y a plus de gens qui partent du Québec qu’il en rentre… La solution serait de se séparer de ce grand pays, on pourrait contrôler un peu plus l’immigration et les gens viendraient s’installer ici et non au Canada! C’est pas un peu dommage d’investir dans des immigrants qui finissent par partir?
C’est normal qu’un bon ratio d’immigrants quittent Montréal dans les premières années. Imaginez-vous: on vous a dit que vous pouviez être un unilingue anglophone et immigrer au Canada, à Montréal, sans problème.
Big Mistake, buddy!
La souveraineté du Québec, ou un contrôle réel de l’immigration par le gouvernement provincial Québécois, permettrait de remettre les pendules à l’heure. Au Québec, si tu ne parles pas français, prends un cour, car tu auras de la difficulté à lire les rangées d’épicerie, écouter la télé locale, la radio, parler avec tes collègues de bureau, travailler avec des clients, te trouver une job et avoir de l’avancement, etc.
Article de loi ou pas, il faudrait que l’on puisse dire ceci aux gens désirant venir s’installer: « Si vous désirez immigrer au Québec, la connaissance du français n’est pas, en ce moment, obligatoire, mais sa maîtrise facilitera vos relations avec la communauté, la population environnante, votre milieu de travail et les services que vous obtiendrez. » À mon avis, donner l’heure juste est une question de respect envers ces personnes, prêtes à quitter leur communauté pour venir ici, en espérant profiter de nos services et de nous faire profiter des leurs.
« Le fait que Gesca et Power Corporation mobilisent ainsi tous leurs laquais pour détruire le projet du Parti Québécois ne fait que démontrer à quel point ce projet est non seulement utile, mais indispensable. »
Ah mais quelle phrase jouissive, et vraie!
Le problème de Gesca, c’est que c’est en train de se retourner contre eux. D’événement « important », les projets de loi Marois sont en train de se transformer en événement « majeur », voire « historique ». La confrérie des éditorialistes a tellement tout fait pour démoniser ces projets de loi pour faire mal paraître le PQ, que ça force les gens à s’y intéresser de plus près.
Et plus on y regarde de près, plus on se rend compte que les qualificatifs dont on a affublé le projet Marois (antidémocratique, discriminatoire, en violation des droits de l’homme, etc.) sont nettement exagérés.
C’est un coup de maître pour Pauline Marois, qui est sûrement bien conseillée. C’est un geste qui sera payant à long terme. Hier encore, le PQ était affaibli et divisé. Aujourd’hui, le parti a retrouvé sa colonne vertébrale et a repris sa place au coeur des débats politiques qui animent le Québec.
Un étranger non ressortissant européen en situation régulière résidant depuis dix ans en France n’a pas le droit de vote pour les élections municipales. Même s’il paye des impôts, il ne peut participer à la démocratie locale, car faire partie de l’exécutif municipal permet de participer à l’élection des membres du Sénat ce qui est une prérogative de la souveraineté nationale… Les citoyens de l’Union européenne qui résident dans un État membre dont ils n’ont pas la nationalité sont éligibles et disposent du droit de vote aux élections municipales dans l’État d’accueil, dans les mêmes conditions que les nationaux.
Les chartes existent pour protéger les minorités contre les abus de la majorité. Comme ce qui est arrivé aux juifs en Allemagne, et ca sert aussi aux francophones au Canada.
Rioux: « Les chartes existent pour protéger les minorités contre les abus de la majorité. Comme ce qui est arrivé aux juifs en Allemagne, et ca sert aussi aux francophones au Canada. »
Intéressant comment certaines personnes réussissent à ramener dans n’importe quel débat, très subtilement, les nazis.
C’est la loi de Godwin
.
http://en.wikipedia.org/wiki/Godwin%27s_Law
Mais il est vrai que les chartes existent pour protéger les minorités. Elles ont besoin de protection à plusieurs reprises. Ce n’est pas pour rien que le ratio d’immigrants au chômage est supérieur au taux de chômage moyen, et ce au Canada entier. De là à comparer ce projet de loi, extrêmement mineur, aux nazis ^^.
Bien que je sois dans l’ensemble d’accord avec ce billet mon ami (et compatriote blogueur) Fred m’a dit plusieurs fois lors de nos discussions religieuses cette phrase philosophique avec laquelle je ne suis as entièrement d’accord et qui ne devrait jamais servir de manière de faire de la politique mais qui fait réfléchir et est parfois véridique : la vérité n’est pas démocratique. Son exemple était bien-sûr celui de la terre plate, qui est plutôt flagrant.
Quand à Pratte et autres « élites » multiculturo-coloniso-montréalo-nationalistes canadiens ils ne se rendent pas compte que par leurs attaques virulentes et injustifiées ils ne font que galvaniser la résistance des militants sans modifier grandement l’opinion publique.
Restons Forts!
André Pratte est une petite salope de pute libéralo-pluraliste corporative. Qu’il brûle en enfer pour l’éternité avec les torche-culs que sont les chartes de droits et libertés qu’il affectionne tant.
C’est Pratte ou Dubuc qui était PCQ-ML au cégep?
Je trouvais ça drôle aussi qu’ils avaient pondu quelques éditoriaux un peu moins biaisés!
Contrairement à ce que dit M. Pratte, la citoyenneté restrictive existe déjà au Canada dans un but de « protection des minorités ».
Lire :
http://www.ledevoir.com/2007/10/23/161520.html
Pour ce qui est de la constitutionnalité du Projet de loi 195, 5 constitutionnalistes se prononcent :
http://www.ledevoir.com/2007/10/26/161944.html
Monsieur Lamy
Les liens que vous proposez sont très intéressants. Cependant, rappelez-vous ce qui s’est produit avec la loi 101 qui s’est édulcorée avec les diktats de la Cour Suprême. Quand il s’agit du Québec, la Cour Suprême est rarement de notre côté!
À moins d’avoir recours à la clause nonobstant, ce qui n’est pas très vendeur politiquement!